Le titulaire de la Chaire de commerce électronique RBC Groupe Financier aux HEC, Sylvain Sénécal, a mentionné Exvisu dans un article publié ce matin dans La Presse.

Intitulé “La prise de pouvoir des consommateurs“, cet article insiste sur l’importance, pour une entreprise, d’être à l’écoute des consommateurs qui s’expriment sur le Web:

“la prise de pouvoir des consommateurs est là pour de bon et les entreprises devront s’adapter à cette réalité en utilisant ces nouveaux outils technologiques et ces sources de données abondantes afin de bâtir des meilleures relations avec leurs clients.”

Sylvain Sénécal mentionne Exvisu comme une entreprise d’ici capable d’aider les entreprises à recueillir et maîtriser les informations disponibles dans ce nouvel environnement.

Suite à notre analyse du discours relatif à l’inauguration d’Obama sur les tweets de la région de Montréal, j’ai pensé faire un portrait rapide de la discussion qui a suivi l’inauguration (21-23 janvier), cette fois sur la blogosphère francophone dans son entier.

Le graphique qui suit constitue en quelque sorte un polaroïd de la discussion: il illustre les 175 premiers mots utilisés dans la discussion, ainsi que les interrelations entre ces mots. Plus deux mots sont près l’un de l’autre, plus ils sont utilisés ensemble. La grosseur du point représente quant à elle la fréquence d’utilisation du mot: plus le point est gros, plus le mot a été utilisé souvent dans la discussion. Les secteurs colorés sont ajoutés après coup, par une brillante analyste (hum, moi). Ces secteurs représentent les différents aspects de la discussion, que je peux identifier, d’une part, grâce aux types de mots qui s’y trouvent et par le fait que je peux retourner dans ma base de donnée voir à quels billets précis un mot est rattaché.

Voici donc le graphique (cliquer dessus pour l’avoir en taille maximale), avec quelques remarques.

Snapshot Obama/Blogosphère francophone

Snapshot Obama/Blogosphère francophone

Remarque préliminaire:La blogosphère francophone inclut ici, évidemment, autant les blogues québécois que français, etc. On voit dans ce graphique la présence de mots comme Paris, Sarkozy, France, ce qui tend à suggérer que la blogosphère française prédomine dans les données recueillies.

Notes sur les groupements:

A. Suivi “techonologique” des cérémonies: La question de savoir comment on a suivi les célébrations, ou quelles méthodes étaient mises en place pour que l’on puisse les suivre, était importante sur la blogosphère francophone. Prédominance de mots comme: image, blogs, facebook, vidéos, cnn… On voit des mots relatifs à une discussion concernant la censure chinoise de la cérémonie sur Internet. Je me permets ici de faire un clin d’oeil à Philippe Martin qui nous twittait et facebookait hier un lien vers une définition du Web 3.0, définition qui mentionnait: “If there is a moment that ushered in the era of Web 3.0, it might best be represented by President Obama’s Inauguration address in the United States on January 20th, 2009, an event experienced by millions in person and shared with many more millions of people simultaneously around the world.

B. Le côté “people” de la cérémonie: Références à Jay-Z, Shakira, aux bals auxquels Obama et sa femme assisteront, au concert, à la robe de Michelle… L’importance et la teneur de ce groupement est à mon avis indicatif du statut de “star” qu’on accorde à Obama.

C. L’équipe d’Obama et l’organisation politique: Les noms de Clinton et Geithner sont ceux qui ressortent de l’équipe d’Obama, mais on note également une référence aux Kennedy (John et Caroline). La transition Bush-Obama entraîne donc des discussions sur les acteurs politiques américains en général. Notons la présence du mot “économie” au centre de ces discussions, ainsi que des termes “stimulus”, “plan”… L’économie semble l’enjeu primordial accolé à l’équipe d’Obama.

D. Politique étrangère: Si l’équipe d’Obama est associée aux enjeux économiques, Obama lui-même est associé aux mots suivants, qui sont qualitiés de “priorités”: Afghanistan, Moyen-Orient, Gaza, paix, Guantanamo (prison, fermeture), Irak, guerre… Intéressant de noter qu’une large partie de la discussion est donc consacrée aux priorités du nouveau président au point de vue de la politique étrangère. Il est aussi intéressant de voir que la réaction positive des pays africains(dont le Gabon) à l’élection d’Obama se retrouve aussi dans cette section politique, plutôt que dans la section “suivi des cérémonies”.

E. Dans le périmètre immédiat du mot “Obama”, quelques mots à connotation émotive (fierté, espoir) et d’autres qui reflètent les attentes des gens (sauver, relance, promesses, travail…). Notons également le nom de Bush tout près de celui de son remplaçant; cela reflète le fait que l’arrivée d’Obama est également décrite comme signifiant le départ très attendu de Bush. Les mots présents dans la section E font également écho à nos conclusions du billet précédent qui analysait les tweets concernant Obama avant son assermentation.

Je me suis amusée ce matin avec Claude à extraire et analyser les données relatives à Obama sur Twitter, publiées en français et en anglais dans la grande région de Montréal (Montréal et 25kms autour).

Jetez d’abord un coup d’œil sur la liste des 60 premiers mots associés au mot « Obama » dans les 282 tweets publiés dans la région montréalaise depuis le 16 janvier jusqu’à ce matin (cette association de mots est produite grâce à l’algorithme d’Exvisu qui a calculé la cooccurrence des mots utilisés dans les tweets). Je vous en propose ensuite une analyse sommaire sous forme de remarques.

1. barack
2. inauguration
3. rt
4. watch
5. president
6. happy
7. love
8. washington
9. nouvelle(s)
10. bush
11. speech
12. arrivée
13. Montréal/Montreal
14. live
15. history
16. vague
17. blackberry
18. américain
19. investiture
20. people
21. wave
22. gaza
23. carbon
24. video
25. international
26. expectations
27. commence
28. tomorrow
29. tv
30. espérer
31. official
32. cnn
33. war
34. idea
35. jointhewave
36. feeling
37. generator
38. twitter
39. change
40. fun
41. assermentation
42. pics
43. good
44. offer
45. président
46. comedy
47. portrait
48. world
49. work
50. train
51. promesses
52. monde
53. iphone
54. message
55. cool
56. coverage
57. martin
58. trêve
59. declared
60. union

Remarques

    • Évidemment, le premier mot associé à Obama est son prénom, « Barack ». L’étonnant est que le mot « Michelle » n’est pas dans la liste des 60 premiers mots associés à Obama. En 122e place sur la liste, on ne peut pas dire qu’elle a été très présente dans le discours des derniers jours concernant l’inauguration d’Obama.
    • Deux noms propres associés à Obama dans cette liste : Bush, et Martin (Luther King). Bush est bien positionné dans la liste, le 10e mot le plus associé à Obama… Cela suggère que l’inauguration d’Obama est également décrite comme le remplacement de Bush.
    • Quelques mots font référence à la géographie. À part Washington (lieu de l’assermentation) et Montréal (qui fait référence aux activités entourant l’inauguration à Montréal), on retrouve « monde » et « Gaza » (ce dernier mot également lié à « trêve »). Cela reflète à la fois l’impact présumé d’Obama à l’international en général, et les attentes concernant le problème politique précis du moment.
    • Le nombre de mots relatifs à des émotions ou à des attentes est prépondérant dans cette liste : happy, love, change, fun, good, espérer, union (des Américains), wave/vague, histoire, promesses, cool, expectations… L’inauguration d’Obama est fortement associée, non pas uniquement à un processus politique (illustré par quelques mots comme « assermentation », « président »), mais surtout à des sentiments. Autrement dit, cette liste de mots démontre que le changement apporté par Obama n’est pas seulement perçu comme un changement politique mais aussi « spirituel », au sens où l’ambiance générale est transformée. (Notons l’absence du mot « hope » en anglais, alors qu’« espérer » est présent en français.)
    • Cette liste montre aussi l’intérêt des gens pour les choix faits par Obama dans sa vie quotidienne, relativement à certains enjeux : « portrait » fait référence à des discussions sur le premier portrait digital du Président; « blackberry » sur sa décision de garder ce téléphone; « carbon » pourrait aussi être placé dans cette catégorie, à cause du Obama Carbon Calculator, même si cela concerne les choix des gens qui participeront à l’inauguration plutôt que ceux d’Obama.
    • Concernant les intérêts des Twitterers en particulier, on note la propension à discuter des moyens techniques qui auront servi à suivre l’inauguration d’Obama : tv, cnn, live, twitter, vidéo, pics, nouvelles, iphone… Notons l’absence du mot « Facebook » dans cette liste; il se trouve en 130e place dans la liste complète d’associations.
    • Intéressant de voir le terme « RT » très haut dans la liste. Les tweets concernant Obama dans la dernière semaine, dans la région montréalaise, sont souvent des retweets. Peut-être a-t’on beaucoup re-twitté les tweets de nos voisins du Sud sur la question? Ce serait à vérifier.
    • Et finalement, le mot « work » (49e position) fait référence au vice de tout bon twitterer qui se respecte : « Je devrais travailler, mais je suis trop occupé à suivre ce qu’on dit de l’inauguration dans les médias… » Ce n’est pas moi qui jetterai la première pierre! ;-)

    À venir: Vendredi, un portrait sous forme graphique de la discussion montréalaise concernant Obama sur Twitter, mais un portrait du dernier mois en entier.

    Assermentation de Barack Obama, Hôtel Opus, Montréal
    Au lunch d’investiture sur écran géant à l’Hôtel Opus (Montréal), organisé par Martine St-Victor.

Excellente journée de conférences et de réseautage hier, alors que se tenait le Webcom 2008. Je remercie particulièrement Claude Malaison de m’avoir déniché un billet pour assister à un événement incontournable pour qui s’intéresse à la communication et aux affaires sur le 2.0. (Claude, tu as changé ma vie – un jour, je raconterai tout sur Twitter.)

Ma journée de tourisme intellectuel a commencé avec la conférence de Wanda Yu (Microsoft) qui nous a présenté quelques caractéristiques de SharePoint, le portail communautaire de Microsoft. Très bons arguments en faveur de l’intégration des médias sociaux dans un milieu de travail. Le fait d’inclure une “boîte à suggestions” virtuelle dans le média social, et de permettre aux collègues de travail de voter sur les idées suggérées (faisant ainsi en sorte que les idées jugées meilleures soient validées par les pairs et se retrouvent au haut de la liste) me semblait particulièrement intéressante, surtout pour une grande entreprise. Avis à Microsoft: nous pourrions facilement faire une analyse lexicale de toutes vos données internes, incluant le contenu des blogues des employés de l’entreprise, et vous donner le portrait des sujets les plus fréquemment discutés et des liens entre eux… Notre numéro de téléphone est juste ici, à droite.

J’ai aussi (enfin!) pu voir Michelle Blanc en pleine action. L’idée d’avoir un blogue d’entreprise pour multiplier les niveaux de langage sur un site Web corporatif, et ainsi améliorer sa position sur les engins de recherche, m’a semblé être un argument de taille pour convaincre une compagnie de mettre un blogue sur pied. Michelle et moi avons également parlé hannetons, fumé une cigarette et bu un verre ensemble, ce qui m’a semblé être un argument de taille pour continuer à se fréquenter.

Bien aimé aussi entendre Nicolas Cossette, de NVI Solutions, nous parler, entre autres, des aléas de la pub virale. J’ai vaincu ma grande timidité naturelle pour aller lui jaser après sa présentation (nous avons même échangé nos cartes d’affaires! La novice que je suis à ce genre d’exercice lui en sera éternellement reconnaissante).

Et que dire de la rencontre impromptue entre femmes numériques, organisée à l’improviste par l’ami Claude Malaison (qui, contrairement à ce qu’on pourrait croire, n’avait pas encore suffisamment organisé pour la journée ;)). Se sont donc rencontrées autour d’une table et d’un verre de vin, outre yours truly, Geneviève LefebvrePatricia TessierIsabelle JuppéIsabelle LopezMichelle BlancKarine VezeauAnne-Marie Cordeau, sans oublier Philippe Martin et Sylvain Grand’Maison dont les mentons barbus n’ont pas su cacher la grande féminité. Bien que la discussion ait commencé par tourner autour des différences hommes/femmes dans l’approche du Web 2.0, nous avons vite quitté ce terrain pour parler de la manière dont le Web 2.0 change fondamentalement la manière d’appréhender les communications entre les personnes. Si je ne m’abuse, un podcast devrait être bientôt disponible chez Sylvain.

Finalement, un grand merci à K3 Média pour avoir accepté de partager un booth avec nous afin de nous donner un surplus de visibilité dont nous avons bien profité vu l’énorme popularité de cette édition du Webcom. Popularité bien méritée!

Dans La Presse de ce matin, on peut lire un article sur l’importance que les patrons devraient accorder à l’information qui circule sur leur entreprise via des sites de réseautage social, comme Facebook. L’article met l’emphase sur l’intérêt de connaître les propos que peuvent tenir certains employés au sujet de leur entreprise sur le Web.

Nous ajouterions qu’être au courant de ce que nos employés disent à notre sujet n’est que la pointe de l’iceberg. Les réseaux sociaux sont riches en informations qui ne touchent pas seulement la réputation de l’entreprise: en effet, ce sont non seulement les employés, satisfaits ou non, qui discutent de l’entreprise, mais également différentes parties prenantes, comme les consommateurs en général et certains groupes possédant des intérêts dans certains produits ou projets relatifs à l’entreprise. C’est tout un portrait de certains enjeux qui peut être révélé grâce à l’étude des propos tenus au sein des réseaux sociaux.

C’est d’ailleurs sur cet intérêt d’obtenir un portrait des opinions de toutes les parties prenantes que semble insister Sylvain Sénécal, professeur agrégé et titulaire de la chaire de commerce électronique RBC Groupe Financier à HEC Montréal, dans l’article cité plus haut:

“L’entreprise devrait effectuer une veille systématique, c’est-à-dire au moins une fois par semaine, sur ce que l’on dit sur elle et ses concurrents dans l’internet. Le web est devenu un puits au sein duquel une société peut découvrir une foule d’informations sur la façon dont elle est perçue par ses employés, ses clients, ses fournisseurs, etc. Elle peut ensuite en profiter pour se conforter dans ce qu’elle fait de bien et investir ses énergies dans ce qui devrait être amélioré.”